Qu'est-ce que l'Hypnose ?

« Ce qui ne vient pas à la conscience revient sous forme de destin. » CG Jung

 

 

L’hypnose et l’hypnothérapie

 

L’hypnose continue à fasciner tout en étant auréolée d’un halo de mystère épais.

Malgré des mythes, des dogmes et des zones d'ombre elle a su s’imposer dans la panoplie des thérapies qui soignent et être reconnue comme étant réellement efficace.

Avez-vous déjà été absorbé par un livre, un film ou le cours de vos pensées au point de ne plus prêter attention au monde qui vous entoure ?

Avez vous déjà perdu temporairement la notion du temps au volant au point de ne pas savoir comment votre voiture s’est trouvée en bas de chez vous, sans que vous ayez le moindre souvenir du parcours ? Ou vous êtes-vous déjà dit : « j’étais dans la lune » ?

Voilà ce que le fameux psychiatre et psychothérapeute Milton Erickson, a appelé "common everyday trance" – une transe quotidienne spontanée – un état naturel, léger, sain et surtout récurrent qui se manifeste chez tout le monde ; un état que vous connaissez et vivez très fréquemment et que l’hypnose thérapeutique utilise et intensifie.

La transe ? Même pas peur ! Vous plongez déjà dedans plusieurs fois par jour...

D’ailleurs, pour la petite histoire, le mot "transe" vient du latin et signifie "au delà, de l’autre coté". Ce préfixe, donne le sens de traverser, de passer d’ici à là, de passer à travers, de passer outre...

Avez-vous déjà médité en pleine conscience ? Avez-vous ressenti une connexion à la Nature, avez-vous été profondément ému par la beauté d’un coucher de Soleil ou d’une nuit étoilée au point d’avoir les larmes aux yeux ou des frissons dans le dos ? Avez-vous déjà eu l’impression de faire partie d’un Tout ?

Alors vous avez déjà goûté à la transe proposée par l’Hypnose Humaniste.

Il est important de comprendre que toute hypnose est en fait un processus d’autohypnose, un processus que vous  maîtrisez et contrôlez vous-même.

C’est un travail d’équipe où le praticien sert de guide mais ne peut en aucun cas vous mettre en transe ou vous manipuler contre votre gré. Les seules limites de cette méthode sont liées à la capacité d’une personne à lâcher prise pour se laisser aller dans l’état hypnotique.

Invitée en thérapie, la transe hypnotique, est justement cet état particulier, l’état de transition qui permet  de mobiliser des ressources et des mémoires et de reprogrammer votre "disque dur", votre inconscient ou "automate", ni plus, ni moins.

Quant à l'hypnothérapie, c’est tout simplement l'utilisation de l'hypnose à des fins thérapeutiques.

Cette méthode s’inscrit dans l’éventail des thérapies brèves.

Cet outil de changement, l’un des plus puissants actuellement connus, vise à mobiliser les souvenirs enfouis, à rendre accessibles des ressources profondes peu exploitées par la personne et à activer sa capacité d’auto-guérison.

 

Comment ça marche ?

 

S’il est facile de constater que tous les processus vitaux, tels que la respiration ou le rythme cardiaque, sont inconscients (même si nous pouvons leur prêter attention et donc, les rendre conscients), nous ne pensons pas souvent que la facette inconsciente de notre esprit est aussi un réservoir de mémoires, d’apprentissages et de ressources personnelles.

Et pourtant cette intelligence inconsciente existe, telle la partie immergée de l'iceberg des processus cognitifs. Si on prend en considération les données scientifiques qui avancent qu’environ 90% de l’activité de notre cerveau est au-delà du champ de la conscience, le rôle primordial que l’Inconscient joue dans notre vie devient vite une évidence.

 

De nombreux problèmes personnels et relationnels prennent leur source dans l'Inconscient. Cachés, oubliés, refoulés, des centaines de milliers de données sont stockées quelque part... et elles programment et contrôlent notre existence !

 

Ce patrimoine est le fruit de nos expériences personnelles mais il s’inscrit aussi dans l’histoire de notre entourage, de notre famille et de la culture dans laquelle nous avons grandis. Ces diktats familiaux et culturels sont assimilés sous forme de croyances et font partie de notre paysage intérieur, au même titre que les expériences personnellement vécues.

 

Ils orientent nos choix, nos décisions, sans que nous nous en rendions compte… de plus, comme nous vivons en interagissant avec notre entourage, ces données l’influencent aussi !

 

A propos de croyances "familiales", cette anecdote racontée par Laurent Gounelle dans son livre "Le jour où j'ai appris à vivre" est plutôt édifiante :

 

" Un jour Robert se demanda pourquoi sa femme coupait toujours l’extrémité de la dinde de Thanksgiving avant de la mettre au four. Elle lui tranchait un bout de l’arrière-train, et il trouvait ça étrange. “C’est comme ça que ça se prépare”, lui répondit-elle. “D’accord, mais pourquoi ?” Il était intrigué, il voulait en savoir plus. “C’est comme ça qu’on fait. D’ailleurs j’ai toujours vu ma mère préparer la dinde comme ça”. Son mari insista jusqu’à ce qu’elle appelle sa mère. Elle décrocha son téléphone. “Maman, tu sais, la dinde de Thanksgiving, pourquoi tu lui coupe le cul ?” La mère lui répondit sans hésiter : “C’est la recette. C’est la façon de faire, ma propre mère me l’a toujours appris comme ça. Alors la fille décida d’appeler sa grand-mère et lui posa la même question pourquoi fallait-il couper l’arrière-train de cette fichue dinde avant de la cuire ? “C’est comme ça que j’ai toujours fait.” “Pourquoi  ?”  “Parbleu ! Mon four était trop petit pour mettre la dinde en entier !”"

Comme l’explique Kevin Finel, le fondateur de l’institut A.R.C.H.E :

"Connaître le fonctionnement de son cerveau est le premier pas vers une totale liberté intérieure. Tant que ses fonctionnements restent des processus inconscients, l’homme ne peut agir dessus et demeure empêtré dans une liberté illusoire."

En s’adressant à l’Inconscient, l'hypnothérapeute peut aider la personne à accéder à des mécanismes profonds afin de se défaire des idées nuisibles et à les remplacer par des idées plus justes pour elle, à lever les blocages, ôter les filtres des croyances limitantes pour que de nouveaux comportements puissent s’installer. Grace au travail effectué, la personne a la chance de réintégrer sa liberté, sa vérité et ses propres valeurs... ouvrir le champ du possible.

De plus, apprivoiser l’Inconscient nous donne libre accès à notre créativité, notre imagination, à l'intuition et à l’ouverture d’esprit. En permettant d'accéder à nos ressources habituellement inconscientes, l’hypnose peut rebooster et élargir notre mémoire, notre pouvoir de concentration et de précision. Elle permet également une plus grande fluidité et une plus grande vitesse dans les apprentissages.

 
 

Un peu d’histoire

L’existence de l’hypnose est incontestablement très ancienne. L’hypothèse qu’elle est probablement aussi vieille que l’histoire de l’humanité ne semble pas très risquée.

 

On trouve des preuves de la pratique de l'hypnose comme outil de guérison dès la préhistoire, sur des peintures rupestres.

Les premières traces écrites évoquant le soin par la parole ont été trouvées en Mésopotamie et datent de plus de 6000 ans ! L’écriture cunéiforme, la plus vieille du monde, nous donne la preuve des méthodes hypnotiques connues et utilisées à cette époque.
 

 

« Pose ta main sur la douleur et dis que la douleur s'en aille » Papyrus d’Ebers

On en retrouve des vestiges en Egypte : une stèle du temps de Ramsès II mais aussi des papyrus (Papyrus Edwin Smith et Ebers ).

 

« La sagesse commence dans l'émerveillement » Socrate

En Grèce, une maison construite il y a 2700 ans à Athènes annonce sur son frontispice que son maître, Antiphon (sophiste hédoniste, spécialisé dans plusieurs domaines de la sagesse), a le pouvoir de guérir avec des mots. ‘Terpnos logos’ – une voix terne qui ouvre l’esprit est évoqué par Socrate, puis Homère, tandis que le temple du dieu Asclépios à Epidaure, est organisé en centre de thérapie par les songes.

​​Le philosophe et médecin persan Avicenne, qui vécut au XIème siècle et dont l'œuvre a détrôné Galien dans l'enseignement de la médecine, aurait probablement été le premier à formuler le concept de suggestion et d'autosuggestion.

Paracelse, le médecin, philosophe et théologien laïc suisse au XVIe siècle, est un des pionniers de la théorie des fluides et de la continuité entre le corps et l'esprit.

En parlant de ce qu’il nomma ‘Automate’ Gottfried Leibniz, un chercheur et philosophe allemand du XVIIème siècle, pose les bases de ce qui sera défini deux siècles plus tard par son compatriote  Karl Robert Eduard von Hartmann comme l'Inconscient.

 

 

Cherchant à donner une interprétation rationnelle à des phénomènes de ce que nous pouvons nommer "la transe", le docteur Frantz-Anton Mesmer (à ne pas confondre avec Messmer et ses shows à l’américaine !) développe des théories sur le magnétisme animal en 1766 et pose ainsi un pont vers ce qui deviendra l’hypnose et la psychothérapie.

 

 

Un disciple de Mesmer, le Marquis de Puységur fait la découverte de la transe somnambulique en 1784 en soignant les maux de ses vassaux, tandis que l’Abbé de Faria, opposé à la théorie de fluide magnétique de Mesmer, ouvre une brèche vers des théories modernes de l'hypnose.

 

Encore un chirurgien ! Il faudra attendre l’année 1841 pour qu’il voit le jour en Ecosse, James Braid et avec lui le terme ‘hypnose’ qu’il emploiera pour la première fois (ce ne sera probablement pas son premier mot, tout de même !) Braid posera les bases scientifiques de l’hypnose : une pratique thérapeutique exclusivement verbale.

 

 

A la fin du XIXe siècle la France doit l’entrée de l’hypnose sur son territoire aux deux médecins : Ambroise Auguste Liébeault qui a su convaincre le professeur Hippolyte Bernheim de l’intérêt thérapeutique de l’hypnose. Grace à leur collaboration l’Ecole de Nancy verra le jour.

En 1878, l’Ecole de la Salpêtrière à Paris est fondée par l’illustre neurologue français, Jean-Martin Charcot en 1878 connu pour ses travaux sur l’hypnose.

 

A la même période dans le domaine de la médecine le « sommeil magnétique » commence à être utilisé comme anesthésiant lors d’une intervention chirurgicale pratiqué par les docteurs John Elliotson à Londres, Parker à Dublin, James Eisdaille à Calcutta et par le chirurgien français Jules Cloquet.

 

En 1889 le premier Congrès International de l’Hypnotisme expérimental et thérapeutique a lieu à Paris.

 

En Europe, l’hypnose, considérée désormais comme une nouvelle médecine de pointe, suscite l’intérêt croissant.

 

Elèves de Charcot et Bernheim: Sigmund Freud et Carl Jung exploreront le spectre des applications de l’hypnose dans le domaine des troubles de l’esprit.

 

En Russie , A.A. Tokarski , connu pour ses travaux sur la mémoire, inaugure le premier "Cours d’Hypnose et de Psychologie physiologique", son compatriote, Ivan Petrovitch Pavlov (prix Nobel de Médecine), développe sa théorie de l’Hypnose, alors que son élève K.M. Bykow posera des fondations de la médecine psychosomatique en démontrant que toute une série d’affections (comme l’ulcère à l’estomac et l’asthme…) peuvent avoir des causes psychiques.

 

En 1957, Platonov fait la recherche sur l’abstraction dont le cerveau est capable pour modifier son équilibre. Avec Velvoski et Nikolaïev, Platonov peaufine également la méthode d’accouchement dite "sans douleur".

A la même époque, au début du XX siècle, Pierre Janet, un philosophe et médecin français devient une figure majeure de la psychologie clinique et probablement le théoricien de l'hypnose le plus intéressant de cette époque.  

 

En Allemagne Johannes Heinrich Schultz développera au même moment son fameux "Training Autogène" : une technique de relaxation thérapeuthique.

 

Et, enfin, on y arrive ! Je vous présente en deux mots Milton Hyland Erickson !

 

Ce psychiatre américain hors du commun est né en 1901 et bouleversera les conceptions de l’Hypnose et de la thérapie en proposant une forme moderne, intuitive, utilisationnelle.

Les membres de la célèbre École de Palo Alto : Bateson, Watzlawick, Weakland et Haley, le considéreront comme le "père de la Communication moderne".

 

Sa pratique va influencer également la thérapie familiale et systémique. Grace à son approche novatrice, riche et diversifiée, l’hypnose va vivre une véritable renaissance après une période creuse...

L’Hypnose Ericksonienne est née dans les années 30 aux Etats-Unis et ne cessera de se développer, enrichie, optimisée et adaptée aux temps qui changent par des élèves d’Erickson, tels que Jay Haley, Jeffrey Zeig ou Ernest Lawrence Rossi.

Dans les années 1980 de nouvelles pratiques thérapeutiques voient le jour, dont la « Nouvelle Hypnose » créée par l'hypnothérapeute et sexologue Daniel Araoz en 1979 et la fameuse PNL - Programmation Neuro-Linguistique - qui émerge grâce à la collaboration de John Grinder et Richard Bandler.

 

En 2000, issue d'années de travaux et de recherches, l’Hypnose Humaniste est née, comme fruit de la coopération d’Olivier Lockert et de Patricia d’Angeli.

 

Cette approche révolutionnaire permet l’accès à l’état augmenté de conscience par ouverture cognitivo-sensorielle.

L’indéniable apport de l’Hypnose Humaniste à la psychothérapie est son aspect pédagogique.
 

Etant consciente du processus du changement, la personne devient autonome et responsable. Guidée par le thérapeute en toute conscience, elle n’est pas seulement l’auteure lucide de son évolution (s’il s’agit d’un apprentissage), ou bien de sa guérison (si le travail concerne une blessure émotionnelle).

 

Quatre formes d’hypnose thérapeutique

 

L’Hypnose Classique

C’est la première manière de pratiquer l’Hypnose. Cet outil, techniquement très simple, est utilisé quotidiennement par des thérapeutes aujourd’hui mais rarement seul, plutôt mélangé à ceux de l’Hypnose Ericksonienne et de la Nouvelle Hypnose. 

Plutôt directive, souvent confondue avec l’hypnose de spectacle, elle reste, contrairement à cette dernière, un outil thérapeutique. 

 

L’Hypnose Ericksonienne

« Faites confiance à votre inconscient, car vous savez plus de choses que vous savez que vous savez » MW Erickson

Cette forme d’hypnose est le fruit du travail du célèbre psychiatre américain Milton Erickson (1901-1980). Elle est beaucoup plus complexe que l’Hypnose Classique et a jeté des fondations pour les techniques modernes de langage hypnotique utilisées par ses successeurs. L’approche Ericksonienne est le couronnement de l’habileté de l’art du langage utilisé en Hypnose et de la communication multi-niveaux.

Il est généralement admis que le seul véritable ‘Ericksonien’ était Milton Erickson en personne, ce qui est probablement vrai.

Son approche stratégique de la thérapie a été portée et enrichie par chacun des élèves d’Erickson : Palo Alto et la systémique, Jay Haley et la thérapie familiale ou ordalique, Daniel Araoz,  la Nouvelle Hypnose, etc.

L’Hypnose Ericksonienne est dissociante. Cela veut dire que, pour accéder à l’inconscient de la personne, son conscient devra être focalisé ailleurs. Le thérapeute proposera alors des suggestions que l’inconscient de la personne acceptera de suivre ou non. En effet, ces suggestions ne sont que des propositions de changement soumises par le praticien.

 

La Nouvelle Hypnose

La Nouvelle Hypnose est la forme d’Hypnose dissociante la plus pratiquée de nos jours. Elle s’appuie sur les bases de l’Hypnose Classique, incluant certaines techniques de langage hypnotique d’Erickson, souvent techniquement améliorées, ainsi que des structures de thérapies brèves, telle la PNL.

Contrairement à l’hypnose Ericksonienne, la Nouvelle Hypnose inclut dans le spectre de ses applications le développement personnel et l’amélioration de la qualité de vie.

 

Hypnose Humaniste

Née en 2000 comme fruit du travail d’Olivier Lockert et Patricia d’Angeli, l’Hypnose Humaniste est tout d’abord une nouvelle technique thérapeutique permettant l’accès à l’état de conscience modifiée par ouverture cognitivo-sensorielle. Elle utilise des techniques hypnotiques spécifiques, "en ouverture", grâce auxquelles la fracture originelle entre l’inconscient et le conscient peut être effacée.

L’Hypnose Humaniste permet à la personne l’état de ‘conscience augmentée’ en lui ouvrant la voie du changement et dans le même temps en lui proposant une vision holistique de l’existence. Il serait néanmoins réducteur d’enfermer l’Hypnose Humaniste dans une définition raide et étriquée, elle est bien plus vaste qu’une stratégie thérapeutique.

Avec son approche holistique et systémique elle s’approche plus d’un concept philosophique, éthique, une démarche spirituelle à l’époque ou l’humanité en a fort besoin. L’Hypnose Humaniste est donc tout à la fois une forme de thérapie et une voie d’évolution visant l’ouverture de la conscience.

Grâce à l’induction "en ouverture" le thérapeute "réveille" donc le conscient de la personne qui fera la transformation en pleine conscience. Ici le thérapeute sert de sherpa qui connait le chemin, mais il ne peut le monter à la place de la personne, seulement la guider pour l’aider à cheminer vers ses objectifs.

Cette forme de l’hypnose laisse la place à plus d’autonomie de la personne.

 Pour avoir plus de détails, vous pouvez consulter le site www.hypnose-humaniste.com.

 

Idées fausses sur l’Hypnose

 

Galvaudée par l’hypnose de spectacle, diabolisée par le cinéma, l’hypnose souffre d'une mauvaise image. Il existe de très nombreuses idées reçues sur l’hypnose. Explications :

 

« L’hypnose, c’est de la magie… »

"Lorsque vous lui ouvrez la porte, la magie est partout" Olivier Lockert

Pas la moindre sorcellerie dans cette technique ! L’hypnose n’est pas magique mais elle est…merveilleuse. Elle est merveilleuse car elle permet un vrai changement profond, une véritable rencontre avec soi, avec son essence.

C’est une technique et une communication particulière entre le thérapeute et vous, basée sur un contrat de respect et de confiance. Une alliance thérapeutique sans jugement, dans l’accueil et bienveillance, un échange qui restera confidentiel car il est soumis au secret professionnel !

L’hypnose s’apprend et, avant de choisir votre thérapeute, il est prudent de vérifier si le praticien de votre choix est certifié.

 

Évidement, ce n’est pas l’état d’hypnose en lui-même qui permet des changements. C’est tout l'art du thérapeute de proposer des suggestions pour qu’elles soient acceptées et intégrées par la personne. Une solide formation est bien sûr nécessaire avant que le praticien soit en mesure de convoquer des strates profondes de l’esprit, puissantes et innovantes, mais avec lesquelles le dialogue est souvent difficile, tant elles sont censurées par la conscience.  

 

Si vous souhaitez être totalement autonome, apprendre l’auto hypnose est possible et accessible : une panoplie de livres, de stages et de formations s’ouvre à vous... mais surtout, votre thérapeute peut vous l'enseigner, ce que je propose systématiquement lors de la première séance.

Enfin, appuyons-nous sur les faits. L’hypnose est désormais enseignée aux pompiers portant les premiers secours et dans le milieu médical à des médecins, infirmières et des anesthésistes. Elle fait aujourd’hui partie de la palette des thérapies qui soulagent : partout dans le monde, des chirurgiens, des obstétriciens et des dentistes préfèrent l'hypnose à l'anesthésie. 

 

« L’hypnotiseur possède un pouvoir, peut me manipuler, m'influencer, me faire faire des choses à mon insu, contre mon gré » 

Cette idée reçue résulte de la peur de perte de contrôle et cette peur est, bien entendu,  tout à fait justifiée. Avant de devenir une hypnothérapeute j’étais moi-même dubitative.


La réponse est non !

Car, contrairement à ce préjugé,  sous hypnose  vous restez maître de vous-même. C’est même vous-même qui vous mettez en état hypnotique !

De plus, vous restez en transe tant que vous le décidez, vous maintenez la nature de cet état tant que vous le souhaitez. Par conséquent vous êtes en mesure d’interrompre l’expérience à tout moment si tel est votre choix.

Contrairement à l’idée reçue qu’une personne hypnotisée perdrait conscience pendant la séance, quelque chose en vous reste éveillé, prêt à refuser toute suggestion qui serait contraire à votre opinion, vos croyances ou votre système de valeurs.

Vous restez alors conscient de vos actes et de vos paroles parce que : oui ! pendant la séance, vous entendez les questions et vous y répondez.

Laissons la parole au maître :

« Le sommeil provoqué  ne dépend pas de l’hypnotiseur, mais du sujet. C’est sa propre foi qui l’endort. Nul ne peut être hypnotisé contre son gré, s’il résiste à l’injonction... » Dr. Hippolyte Bernheim

Personne ne peut donc vous faire "obéir aux ordres" !

Laissons ce fantasme à la littérature, au cinéma et aux spectacles qui exploitent d’une telle vision spectaculaire, magique et extraordinaire qui n’a strictement rien à voir avec la réalité : pas plus que le pouvoir du redoutable lord Voldemort menaçant Harry Potter ou le pouvoir sensationnel du célèbre illusionniste David Copperfield.

Le thérapeute est votre partenaire professionnel qui vous guidera dans un espace intérieur où résident votre propre force et vos capacités et vous aidera à les inviter dans votre vie pour que vous puissiez les vivre. Il est là pour vous aider à atteindre vos objectifs, son rôle est de les comprendre, de respecter vos limites et d’influencer positivement le processus du changement qui s'opère en vous. Cette influence est de l’ordre de l’inspiration et du soutien, pas de la manipulation.

Quant à cette dernière, prétendument possible en état hypnotique…hélas, on n’a pas besoin d’hypnose pour devenir une victime de manipulation. Ceux qui ont croisé le chemin d’un pervers narcissique le savent très bien... Ce n’est pas l’hypnose qui permet la manipulation, mais l’intention de la personne !

Ce qui est vrai pour l'Hypnose Ericksonienne, où le thérapeute propose des suggestions à travers des techniques qu’il maîtrise, ne l’est pas pour l'Hypnose Humaniste. Dans ce cas, comme expliqué plus haut vous êtes le seul maître à bord et le thérapeute vous guide à travers le processus de la transformation, aucune suggestion de sa part ne vous sera donc avancée.

« L’hypnose pourrait être dangereuse »

Encore un  mythe ! L’hypnose n’est absolument pas douloureuse ni dangereuse. Nous ne pouvons ni rester bloqué, ni agir contre sa propre volonté.

Encore une fois : le choix du praticien reste important. Un praticien diplômé et certifié vous fera gagner du temps et économiser de l’argent… 

 

Il faut cependant préciser que l’hypnose dissociante  est déconseillée aux personnes atteintes de troubles psychotiques graves : schizophrénie, paranoïa, psychose maniaco-dépressive, etc.

​« L’hypnose est une forme de sommeil, en transe on perd la conscience »

Non. Ni sommeil, ni inconscience. De nombreuses recherches scientifiques ont démontré que l’activité cérébrale en état d’hypnose diffère de celle de l’état de sommeil.

Bien que le mot « hypnose » est dérivé du grec « hupnoein » ce qui signifie « endormir », l’hypnose n’a rien à voir avec le sommeil. Elle désigne à la fois un état modifié de conscience, également appelé ‘transe’  et la pratique destinée à le créer.

Cette expérience de veille intense, plus ou moins profonde dans son ressenti, s’approche seulement du sommeil ou de celui obtenu lors d’une méditation. Elle permet à la personne d’accéder à son inconscient, tout en restant consciente d’elle-même et du monde qui l’entoure. Elle entend les paroles du thérapeute et est capable de lui répondre, chose impossible lors de l’état de sommeil.  

 

A votre étonnement peut-être, je tiens à vous préciser : tout comme une méditation peut s’effectuer en marchant, il est tout à fait possible de rentrer en hypnose les yeux ouvert et en en bougeant. Certaines séances se font d’ailleurs…debout !

 

« Est-ce que l’on risque de ne pas se réveiller d’une séance d’hypnose ? »

 

Bien sûr que non. Pas plus qu’après une nuit de sommeil…

Sachez que c’est vraiment impossible. Lors d’une séance en hypnose Ericksonienne vous ne dormez pas, votre état de vigilance est simplement modifié.

Sans la voix du thérapeute qui l'accompagne, cet état ne peut continuer et ses effets se dissiperaient. Mais, aucune inquiétude, a la fin de la séance vous allez être raccompagné vers votre état de conscience habituel par le thérapeute, ou par vous-même lors d’une séance d’auto-hypnose.  

 

En Hypnose Humaniste la question ne se posera même pas puisque votre état de conscience sera augmenté, plus riche, plus connecté que d’habitude…

 

 « Tout le monde n’est pas hypnotisable»

 

Une chose est sûre : personne n’a le pouvoir de vous faire rentrer en transe si vous ne le souhaitez pas ! Si en revanche vous le souhaitez, vous pouvez rentrer dans l’état modifié de conscience, lors d’une séance avec un thérapeute ou avec vous-même si l’apprentissage de l’auto hypnose vous tente…

C’est votre décision et tant que vous décidez de poursuivre cette expérience, vous avez les clefs.

On l’a déjà évoqué : nous vivons tous les transes quotidiennes légères. Notre rythme s’organise selon des cycles "ultradiens" qui gèrent notre vigilance et nous entrons dans ces transes légères toutes les 90 minutes, lors de "creux ultradiens", sans que l'on en soit particulièrement conscient.

 

Tout le monde est donc doté de cette capacité et peut répondre à l’hypnose même si, effectivement, un nombre infime de personnes peut présenter des résistances et rendre cet apprentissage plus long que pour d’autres.

Il est vrai par contre que le temps d’entrée en état hypnotique est variable d'une personne à l'autre. C’est donc le temps de l'induction qui va varier. Une relation de confiance avec son thérapeute est nécessaire pour passer le cap.

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​© 2019 Natacha Kozlowska